La coalition est composée de trois organisations à savoir : le Forum pour la Mémoire VigilanteLUNA Africa et ITEKA YOUTH Organisation qui opèrent toutes au Rwanda.

Dans un mémorandum d’entente signé par leurs représentants, ces trois organisations s’engagent, dans le respect de leurs objectifs propres, à poursuivre et à approfondir leur coopération en vue de développer ensemble leur potentiel d’action dans le domaine des services médico-psycho-sociaux et en particulier la santé mentale.

Pour ce, les trois organisations conviennent de former un consortium dans le but de travailler ensemble au Rwanda et au-delà de ses frontières.

L’ultime objectif vise à promouvoir la planification, le développement et la mise en œuvre de projets, d’actions et d’activités conjointes dans le domaine susmentionné. La mobilisation de fonds et la soumission de propositions en réponse à l’appel à propositions pour des projets et l’organisation de séminaires, de symposiums, de colloques et de conférences en rapport avec ces domaines clés dans la vie des femmes en général et celles qui sont dans des situations de vulnérabilité et/ou des réfugiées en particulier.

Le lancement de ce consortium a coïncidé avec la célébration de la journée internationale de la femme, édition 2024.

Ces trois organisations se sont rencontrées à Muhanga, un des districts de la province du sud du Rwanda pour se joindre à des femmes de cette localité qui brillent par leur résilience pour briser le silence et se prendre en charge dans des moments pas facile et parfois intenables. Il s’agit essentiellement des femmes réfugiées mais aussi d’autres de la communauté d’accueil.

Des échanges en soutien de la santé mentale ont été faits. Ils ont été animés notamment par Berabose Aline Joyce, représentante de LUNA Africa, Jéremie Hatangimana chargé de programmes chez ITEKA Youth Organisation et Réverien Gahimbare, CEO du FMV.

Ils ont notamment fait mention d’un grand projet régional sur cet aspect. Objectif sensibiliser d’abord les femmes elles-mêmes qui en sont victimes ensuite les différents intervenants y compris médecins et infirmiers ainsi que les décideurs et différents services où les professions sont plus vulnérabilisantes chez les femmes sur la prise en charge de la santé mentale des femmes surtout après dans leur rôle spécifique de donner la vie (reproduction).

L’idée est soutenue par le fait que les chiffres sont alarmants d’après Dr Denis Kazungu, Psychologue clinicien et psychopathologue qui a animé aussi les débats, d’autant plus qu’il est spécialiste en la matière.

D’après lui, la dépression post patum est un phénomène qui reste non identifié et méconnu du grand public y compris les différents intervenants des structures de soins alors qu’il touche un grand nombre de femmes, moteur du développement des sociétés et par là des pays.

« C’est ce pilier qu’est la femme dont il faut préserver sa santé mentale dont on oubli malheureusement que c’est le centre de tout. Lorsqu’on parle de la santé mentale, le sexe féminin en particulier les femmes ont été oubliées alors qu’elles rencontrent des problèmes de santé mentale qui leur sont spécifiques et qui sont liées à leur rôle de donner la vie », indique-t-il.

A en croire les résultats d’une recherche, consultés et analysés par le Dr Denis Kazungu, il suffit de parler des cas d’avortements sans cause médicale connue qui sont de l’ordre de 29 à 40%, fausses couches (15-20%) dont 38% souffrent de stress post traumatique et des pathologies mentales alors que 1/5 des femmes souffrent d’anxiété juste 3 mois après et 1/3 sont affectées  dans leur vie professionnelle alors que 40% éprouvent un impact négatif dans leurs relations personnelles; des infertilités pour causes psychologiques(20%).

« Nous ne pouvons pas oublier la dépression post partum (17-20%) qui est un phénomène qui reste méconnu même dans les structures de soins.

Le burn-out professionnel et/ou parental est de 28% chez les femmes contre 20% chez les hommes, la détresse psychologique est de 18% chez la femme contre 12% chez les hommes au moment où 40% des femmes souffrent d’insomnie et des difficultés de s’endormir contre 28% chez les hommes », explique Dr Kazungu.

« Tout cela n’est donc que des exemples tirés dans une multitude de différence entre les souffrances psychologiques entre les hommes et les femmes auxquelles s’ajoutent la différence des heures de travail domestique qui impacte énormément la santé mentale (exigeantes émotionnellement) qui sont de l’ordre de 3h30min chez la femmes mais moins exigeantes et agréables chez les hommes qui sont de l’ordre de 2 heures », estime-t-il.

Conscient des conséquences de cette situation qui reste par ailleurs méconnue à la fois par les concernées à savoir les femmes et les structures de soins et d’autres intervenants, ces trois organisations ont voulu les sensibiliser et leur donner accès à ces utiles informations afin de se prémunir et/ou savoir gérer les conséquences pour celles qui en sont déjà victimes.

Selon Dr Kazungu, une fois le projet exécuté, les trois organisations auront relevé le défis et réduit le gap pour permettre à toutes les femmes de savoir prévenir certains problèmes de santé mentale liés à leur rôle de donner la vie et/ou savoir où se diriger en cas de tels soucis sanitaires.

Les participantes à ce séminaire ont souligné le manque de professionnels féminins de la santé mentale car, regrettent-elles, beaucoup de femmes s’abstiennent d’être traitées par les hommes d’autant plus que les conséquences se manifestent jusqu’au niveau des parties intimes.

« Et des fois, les hommes ne nous comprennent pas alors que les femmes qui ont aussi accouché peuvent comprendre facilement et être plus sensibles aux conséquences de la santé mentale des femmes », laissent-elles entendre.

Les représentants de ces trois organisation s’accordent pour unir les forces et accentuer des plaidoyers en faveur de ces femmes victimes de la santé mentale.

Quelques serviettes hygiéniques féminines ont été distribués aux participantes pour montrer que cet aspect tient à cœur les trois organisations de droit rwandais.

A noter que ce consortium présente une spécificité de par le fait qu’il est constitué par une organisation de femmes, de jeunes et de réfugiés toute de droit rwandais.

 

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