Les violences en Centrafrique ont déplacé plus de 200 000 personnes en moins de deux mois depuis de, dont un peu plus de la moitié ont fui vers les pays voisins, selon l’Organisation des Nations unies.

Alors que que le 8 mars de chaque année, le monde célèbre la journée internationale de la femme, ce pays compte déjà plus de 100 000 femmes parmi ces déplacés internes et externes. Elles ont besoin  d’un soutien multiforme de la part des hommes et autres femmes sensibles pour qu’elles soient à mesure de subvenir aux besoins de leurs familles. 

Les réfugiés ont déclaré aux humanitaires qu’ils avaient fui dans la panique après avoir entendu des tirs. “La plupart de ces réfugiés vivent dans des zones reculées et difficiles d’accès, près des berges, dans des conditions effroyables, sans abri et dépourvus de vivres. Ils dépendent de la pêche dans la rivière et de ce que les villageois peuvent leur donner”, a constaté le Représentant légal du Forum pour la Mémoire Vigilante « FMV », une ONG de droit rwandais.

Ferdinand Ndayiragije a passé six mois en République Centrafricaine. Le Représentant légal du FMV a fait le constat d’une vie dure et sacrifice des femmes, comme cette vielle Maman déplacées interne à Bangui, dans le 3ème arrondissement où sont accueillis plus de 6.000 centrafricains venus de tous les coins du pays.

 

Le service de la communication du FMV a recueilli son témoignage.

Pour quelles raisons êtes-vous allé en République Centrafricaine (RCA) ?

“Je suis parti en RCA pour raison de travail. Arrivé sur place, je me suis dit qu’en tant que humanitaire, responsable d’une jeune organisation humanitaire basé au Rwanda, je dois être attentif et analyser la situation car nous avons le devoir moral de découvrir et d’agir partout ou l’action humanitaire s’impose”, dit-il

En République Centrafricaine, Mr Ndayiragiye y a découvert un autre monde, un pays dont la population est très accueillante, des responsables d’associations et groupement qui manifestent l’envie d’apprendre et de partenariat.

“J’ai eu l’honneur de rencontrer certaines autorités, elle ne sont pas vaniteux, orgueilleux, avares,… elles sont ouvertes aux étrangers, elles sont très accueillantes. C’est dommage, il ya des autorités qui sont plein d’admiration pour eux-mêmes, satisfait, qui se suffisent dans ce monde”, raconte Ferdinand Ndayiragije, par ailleurs lui aussi réfugié au Rwanda depuis bientôt sept ans.

 

Que retenez-vous de votre séjour en République Centrafricaine ?

“En Centrafrique, j’ai d’abord vu un pays immense, plus de 23 fois le Burundi ou le Rwanda, un pays ou il ya des conflits armés, depuis longtemps, j’ai vu une misère, les orphelins”, décrit-il.

Et d’ajouter : “(…) Suite aux crimes, beaucoup de déplacés internes, les retournés. Mais j’ai aussi rencontré des rebelles juste avant les élections, des rebelles organisés qui braquaient tout ce qui est petits véhicules ou motos et des rebelles non organisés qui nous ont braqué l’argent. J’ai failli mourir, j’ai eu des menaces de mort, mon véhicule de service a été pris par les rebelles, je suis arrivé de Bocaranga vers Bangui, avec toute mon équipe, dans un camion transportant les marchandises venus du Cameroun, j’ai tout vu”, se souvient ce militant humanitaire des droits humains surtout des victimes des atrocités.

Le représentant du FMV a eu aussi plusieurs contacts avec les autorités comme  à Bocaranga, à Ngaoundaye et à Koui ou encore à Ouham-Pende.

“J’ai rencontré et échangé avec le sous préfet de Bocaranga, Koui et Ngaoundaye, la sous préfet de Bossembele dans Ombella-Mpoko, cette dernière quand on s’était réfugié au mois de décembre dernier dans le camps de la MINISCA des Bangladesh à Bossembele. J’ai mené une évaluation dans la ville de Bangui, 3ème Arrondissement, j’ai accompagné une équipe d’une ONG sœur pour la rencontre des autorités du 3ème arrondissement, j’ai noué des relations de partenariat avec quelques organisations nationale sœurs au FMV, ils ont exprimé un besoin Humanitaire en urgence, j’en suis témoin”, indique-t-il.

Quelles sont les conditions de vie des femmes ?

“Sans même faire trop d’évaluations, à l’œil nu, le constat est que les femmes vivent des conditions extrêmement difficiles”, renchérit Mr Ndayiragije.

“En RCA, un mari peut avoir 3,..4 femmes. La majorité des femmes vous disent qu’elles sont célibataires avec 1,2,3,..enfants, elles sont abandonnées à elles mêmes, elles gardent les enfants. Avec de petits commerces et l’agriculture, elles restent toujours sous le statut dépendant (de leur  mari, concubin ou ami). Beaucoup de femmes expriment avoir été objet sexuel pour pouvoir nourrir leurs enfants”, dira-t-il.

“Les femmes ont des difficultés multiples, surtout s’elles sont des réfugiées, déplacées, retournées ou immigrants vulnérables suite à l’exile. Même celles qui sont restées sur leurs collines, elles ont des difficultés économiques, elles ont de petits moyens de subsistance, elles ont des problèmes d’accès aux services éducatifs de leurs enfants, elles ont des problèmes d’accès aux services sanitaires. Et avec tous ces problèmes, elles sont exposées aux violences sexuelles,…il ya donc, nécessité de soutien aux femmes les plus vulnérables, pour qu’elles accomplissent comme les autres leurs devoirs de mères responsables”, souligne Mr Ferdinand Ndayiragije.

Et que peut être l’apport du FMV dans ce pays ?

Le FMV est une ONG qui prône le bien être d’un réfugié, déplacé et/ou immigrants. Il s’est établi au Rwanda en 2015 et a commencé ses activités en 2017. Il est plus pressent dans la province du Sud du pays où il accompagne des réfugiés burundais et congolais, victimes des atrocités dans leurs pays respectifs.

Et avec ses partenaires, il paie les frais scolaires de plus de 30 élèves écoliers et n’a même pas oublié l’hygiène féminin en distribuant des serviettes hygiéniques pour une centaine de femmes vulnérables.

 

En RCA, le FMV rassure qu’il peut exporter son apport vécu au Rwanda.

“Nous intervenons en matière d’éducation à la paix, de résolution pacifique des conflits, de communication non violente et de leadership. Les leaders communautaires des déplacés en RCA, les administratifs à la base, les belligérants,…tout le monde a plus besoin de ces notions”, explique-t-il.

Plus encore, insiste cet humanitaire, “la Résilience et l’accompagnement psychosocial des réfugiés et déplacés priment sur notre domaine d’intervention”.

Cet ONG sous-régionale est en partenariat avec plusieurs organisations qui oeuvrent sur ces champs comme les ONGs et associations des rescapés du Genocide commis contre les Tutsi au Rwanda en 1994, EAGIS-Trust, la Coalition des Sites des Consciences, …

“Nous avons une expérience qui parle, celle du Rwanda. La population Rwandaise est partie du néant depuis 1994 mais voilà que ce petit pays de  l’Afrique est devenu géant dans tous les domaines en Afrique. Il brille comme une bougie dans l’ombre. La Résilience des rescapés du Génocide perpétré contre les Tutsi est le bâton de commandement dans ce pays. Nous sommes à cette école, plus qu’une université, et nous voulons exporter cette expérience en RCA”, rassure-t-il.

Dans ce pays, la RCA, pour beaucoup, la rivière est également la seule source d’eau et le paludisme, les infections respiratoires et les diarrhées sont devenus fréquents parmi les réfugiés, s’inquiète le HCR. Nourriture, abri, médicaments, les réfugiés ont d’urgence besoin de tout, y compris de documents d’identité.

Le FMV appelle d’autres ONGs internationales à s’intéresser à la RCA pour “sauver des milliers de nécessiteux”.

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